OIM 2021 au jour le jour


Cette année encore, l’Olympiade Internationale de Mathématiques devait se dérouler à St-Pétersbourg en Russie. Le contexte sanitaire rendant le voyage impossible, chaque pays doit donc organiser l’épreuve par ses propres moyens. Ainsi, tout comme en 2020, l’équipe de France compose à Champs-sur-Marne, à l’université Gustave Eiffel, à l’ESIEE Paris. Nous remercions chaleureusement l’ESIEE d’avoir renouvelé sa confiance en accueillant l’équipe de France dans ses murs pour l’épreuve.

Cette année, l’équipe est composée de Solal Afota, Justin Cahuzac, Mano Etilé, Aurélien Fourré, Vladimir Ivanov et Alec Le Helloco. Les élèves sont accompagnés par Vincent Jugé (chef d’équipe) et Martin Rakovsky (chef d’équipe adjoint).

Bonne performance de la France aux Olympiades Internationales de Mathématiques cette année. L’équipe se classe 27ème avec une médaille d’or, une médaille d’argent et trois médailles de de bronze ! Aurélien Fourré, 15ème de la compétition au classement individuel et devient le meilleur participant français de l’histoire des Olympiades Internationales ! Bravo à tous !

Le site officiel de la compétition est ici.

 

Dimanche 18 Juillet : Arrivée des élèves sur le lieu de la compétition

Lorsque j’arrive vers 11h à l’Institut Henri Poincaré, une grande partie de l’équipe est déjà présente accompagnée de plusieurs parents venus souhaiter bonne chance à l’ensemble des élèves. Je retrouve notamment Vincent, notre chef d’équipe, Aurélien, Solal, Vladimir et Alec. Nous sommes également accompagnés de Martin Andler, vice-Président et fondateur d’Animath, qui participera à la compétition en qualité de commissaire : c’est lui qui surveillera les élèves pendant l’épreuve.
Peu avant 11h30, nous nous dirigeons vers le siège des éditions Cassini, où est prévue une réception en l’honneur des élèves, et où nous sommes rejoints par Mano et Justin. Pour cette réception, nous avons la chance d’avoir avec nous Johan Yebbou, doyen de l’inspection générale de Mathématiques, qui nous a surpris par sa presque-parfaite connaissance du palmarès des élèves. Il est à noter que tous les élèves ne sont pas reconnus pour les mêmes raisons ni même pour des raisons mathématiques (demandez à Mano). Néanmoins, c’est l’occasion de rappeler quelques faits d’armes de Vladimir, Alec et d’Aurélien, déjà membres de l’équipe l’an dernier et qui avaient remporté respectivement une médaille d’argent, une autre médaille d’argent et une médaille d’or.
Etaient également invités quelques anciens participants des récentes éditions des Olympiades Internationales de Mathématiques, venus souhaiter bonne chance à la relève : Baptiste (éditions 2017 et 2018), Joachim (édition 2017), Félix (éditions 2015 et 2016) et Elie (édition 2014). Et enfin, trois membres du bureau de la POFM étaient présents : Rémi, Théo et Tristan.

Le discours de Johan Yebbou

Après le discours de Johan, nous avons droit aux vœux de bonne réussite du président d’Animath en personne, Fabrice Rouillier, absent de la réception mais qui nous a appelés par Skype spécialement pour l’occasion. Le mot d’ordre est clair : représenter son pays à une compétition de mathématiques d’une telle envergure est déjà un exploit prodigieux, la performance qui suit n’est que du bonus et un défi personnel, que les élèves sont déterminés à relever.
Nous retournons ensuite à l’Institut Henri Poincaré pour 1) recevoir nos magnifiques polos d’équipe 2) faire la traditionnelle photo d’équipe devant l’IHP.

En commençant par le haut et de gauche à droite : Martin, Solal, Aurélien, Vincent, Justin, Mano, Alec et Vladimir
La même équipe, mais avec Johan au centre
La même équipe, mais où se sont rajoutés, en commençant par le haut et de gauche à droite, Théo, Félix, Elie, Joachim, Baptiste, Tristan et Rémi

Quelques anecdotes sur les anciennes olympiades plus loin, et l’équipe se dirige vers une pizzeria pour se restaurer.
À 14h, nous voilà chez Martin Andler pour assister à la cérémonie d’ouverture des Olympiades Internationales. Une telle cérémonie est l’occasion de présenter les différents pays et leurs participants lors d’une parade des équipes et d’avoir le mot de plusieurs officiels du pays d’accueil. À défaut de pouvoir effectuer la cérémonie sur place, nous nous contentons de regarder le live Youtube de la cérémonie, dont on trouvera le lien ici. Dans la vidéo, l’équipe de France est présentée à 47 min 10.

La cérémonie d’ouverture chez Martin Andler

Nous retrouvons le même maître de cérémonie que l’an passé, avec le même enthousiasme et le même dynamisme. La cérémonie commence par une vidéo mettant en scène un passionné de mathématiques qui parvient à résoudre des problèmes de la vie courante à l’aide des mathématiques et de la technologie, et dont le jeu d’acteur et le montage sont pour le moins gênants. Heureusement, la vidéo se conclut par l’intervention du président du comité de l’OIM, la star britannique des Olympiades de mathématiques, Geoff Smith. Celui-ci, comme chaque année, commence par adresser modestement quelques mots dans la langue du pays d’accueil. Puis vient le moment tant attendu de la parade des équipes. À cet effet, chaque équipe avait tourné une vidéo dans laquelle les élèves se présentent par leur nom. C’est l’occasion de pour nous de retrouver certains membres de la POFM participant à l’OIM sous la bannière de pays amis. C’est grâce à ce procédé que nous constatons que les organisateurs ont commis quelques malheureuses inversions, et nous avons la surprise de voir apparaître Emilhan Dürruoglü, membre de l’équipe belge, au milieu des vidéos de l’équipe d’Azerbaïdjan. Oups. Nous avons également le plaisir de voir nos propres vidéos. Difficile toutefois d’entendre les prénoms des participants. En effet, la parade est accompagnée par une musique, jouée par un DJ et deux violonistes, qui reprennent avec leur instrument quelques succès planétaires de ces dernières années. On a ensuite droit à une succession de vidéos de participants expliquant (très) brièvement ce que sont les mathématiques pour eux. Après le discours de plusieurs officiels déclarant les OIM ouvertes, suscitant l’excitation de la foule, et le serment des élèves de l’équipe russe, au nom de tous les participants, de prendre part à la compétition en respectant le règlement, nous avons droit à un spectacle de laser, que Justin décrira par « Grenouille man qui fait un cosplay de Wolverine en pensant avoir un sabre laser dans les mains », description à laquelle je ne vois rien à redire.

Nous finissons par dire au revoir à Martin Andler pour nous diriger vers la station de RER et partir pour notre hôtel à Champs-sur-Marne. Après nous être installés, Aurélien nous fait découvrir le jeu « exploding kittens », dont le but est de ne pas piocher une carte affichant un chat explosif, et de faire tomber ses adversaires.

C’est Justin qui remporte la partie

Le plus beau coup revient à Solal qui, par une habile suite de mouvements, parvient à me priver de toutes mes cartes et à s’arranger pour me faire perdre à mon prochain tour. Nous mangeons tous les huit dans un restaurant à côté de l’hôtel avant que les élèves, très sages, nous annoncent qu’ils vont sauter la partie « jeux » de la soirée pour aller directement se coucher et être en forme pour demain.

Lundi 19 Juillet : Première mi-temps

Nous nous retrouvons tous à 8h30 pour aller prendre le petit-déjeuner. Au menu des rires, des blagues, des anecdotes sur la sélection de cette année… personne ne semble se soucier de ce qui les attend cet après-midi. Nous allons rapidement effectuer quelques emplettes dans le supermarché du coin, l’occasion de prendre des biscuits, de l’eau, des boissons sucrées, une brosse à dent (oups ?)…

C’est le moment pour Vincent de nous quitter pour aller préparer la salle et imprimer les sujets avec l’aide de Martin Andler. Pendant ce temps, je veille à ce que chaque élève prépare le sac contenant les affaires qu’ils utiliseront pour l’épreuve. Les trousses ne sont pas autorisées et donc les stylos, crayons, règles, compas, biscuits et autres outils propices aux mathématiques doivent tous être placés dans un sac laissant apparaître sa contenance.

Le contenu varie bien sûr en fonction des élèves et de leur état d’esprit pour une épreuve de mathématiques : Mano la joue très minimaliste avec un sac contenant seulement 5 items tandis que Vladimir au contraire place un maximum de stylos.

Le sac de Vladimir

On remercie Justin qui a pris le soin d’amener un drapeau tricolore et qui l’emporte jusque dans la salle d’examen.

En route vers le champ de bataille

Devant l’entrée de la salle, les élèves échangent encore quelques blagues. Vincent et moi leur prodiguons nos derniers conseils et c’est déjà parti, il est 13h30.

Les élèves devant l’entrée
Alec, Vladimir et Aurélien sur une colonne
Solal, Justin et Mano sur une deuxième

La première demi-heure, Vincent et moi restons devant la salle pour répondre aux éventuelles questions des élèves. En effet, selon le règlement, les élèves ont 30 minutes pour poser des questions sur les problèmes. Bien sûr, ces questions peuvent seulement concerner la clarté des énoncé et ne peuvent pas être de nature mathématique. Passée la demi-heure, où nous recevons aucune question, nous nous installons dans un bureau adjoint à la salle où nous attendons patiemment 18h, sans pour autant résister à la tentation de jeter un coup d’œil aux problèmes et de les essayer un peu nous-mêmes.
À l’heure où j’écris, conformément au règlement, nous ne sommes pas encore autorisés à diffuser les problèmes de ce premier jour. Je me garderai également de donner les impressions des élèves à la sortie de l’épreuve.

Nous rentrons alors à l’hôtel, où Aurélien nous fait découvrir un nouveau jeu, Not alone, dans lequel il incarne une créature dont l’objectif est de dévorer une équipe d’explorateurs (incarnés par les autres joueurs). Pendant ce temps, Vincent s’occupe, avec Martin Andler, de scanner toutes les copies des élèves.

Après maintes explications, je ne peux pas garantir d’avoir compris les règles du jeu…

La soirée se termine au restaurant, et comme hier les élèves font le choix de se coucher tôt, pendant que Vincent et moi nous apprêtons à traduire en anglais l’ensemble de leurs productions de cette première journée…

Mardi 20 Juillet : Deuxième mi-temps

Ce matin encore, les élèves sont de bonne composition (et j’espère d’autres bonnes compositions cet après-midi), ont bien dormi et ne semblent absolument pas stressés.
Silence sur les problèmes de la veille pendant tout le petit-déjeuner, la conversation tourne autour de la coupe Animath de Printemps et de quelques anecdotes sur les élèves de Vincent. Si bien qu’on ne voit pas le temps passer et qu’il est déjà 10h lorsque l’on décide de se lever de table pour aller se laver les dents (et je ne saurais trop souligner ce dernier point).
Pendant qu’Alec et Justin sont sortis faire un peu d’exercice, le reste de l’équipe se retrouve pour un « Petits meurtres et faits divers ». L’objectif : un inspecteur cherche à distinguer le coupable des innocents parmi les suspects d’une enquête. Comment faire ? Chacun doit, pendant son témoignage, utiliser trois mots imposés et ces mots sont les mêmes pour les innocents et différents des trois mots imposés au coupable. C’est l’occasion pour certains d’enrichir leur vocabulaire, et je pense que les mots « lamentations » et « éminence » seront emprunts de bons souvenirs désormais. Mention spéciale à Aurélien qui a été capable d’improviser plusieurs fois un discours continu pendant plus de deux minutes en prenant soin de placer ses trois mots, rajouter des mots « feintes » pour tromper l’inspecteur et produire un témoignage très amusant.

Devoir parler en continu en insérant des mots-clés et possiblement des calembours ? Evidemment que Vincent allait apprécier

Mais le temps passe trop vite et il est déjà l’heure d’aller manger. Les élèves n’ont pas forcément très faim, nous optons donc pour un sandwich dans une boulangerie près de l’hôtel. Nous disposons alors d’un peu d’avance par rapport au début de l’épreuve et nous patientons dans le hall de l’ESIEE.

Les élèves sont déterminés

Là-bas, nous retrouvons Carine, chargée de communication de l’ESIEE, venue prendre une photo de l’équipe devant l’université.

Nouvelle photo de l’équipe, devant l’ESIEE

Quelques passages express aux toilettes et l’épreuve peut commencer, sous la surveillance de Martin Andler. Une fois encore, Vincent et moi restons devant la salle pour la demi-heure de questions réponses et une fois encore les élèves ne nous posent aucune question. Nous attendons les 4h qui suivent dans le bureau adjoint à la salle, en cherchant de notre côté les exercices.

Les élèves s’installant dans la salle, une nouvelle fois

18h, l’épreuve est terminée. Une fois encore, je ne peux révéler les énoncés des problèmes de la journée ni ne veux donner le ressenti des élèves. En tout cas, les élèves sont en vacances ! Cela se traduit de façon très concrète, puisqu’Alec nous quitte juste après l’épreuve pour s’en aller vivre d’autres aventures (de nature sportive m’a-t-on dit). Nous lui souhaitons le meilleur et avons hâte de le revoir l’an prochain car oui, Alec aura encore une chance de participer à l’OIM l’an prochain !
Pour le reste de l’équipe, nous nous retrouvons autour d’un « Code names » : cette fois-ci, les joueurs sont répartis en deux équipes et dans chaque équipe un membre doit faire deviner des mots spécifiques au reste de son équipe. Pour la beauté du jeu, je décide de m’associer au duo chaotique Mano-Justin. Cette collaboration, malgré le gigantesque manque de concentration de la part de mes deux coéquipiers, s’avère fructueuse et nous remportons la partie, au grand dam d’Aurélien.

La soirée se termine au restaurant japonais, avec notre bien-aimé commissaire Martin Andler, assis juste à côté de moi et commandant la même chose que moi, pour réduire à néant les chances de nous distinguer lui et moi. Cela ne pouvait qu’augmenter la confusion autour de la table lors d’une conversation animée autour de l’enseignement des mathématiques, où nous avons eu droit à des avis divers et variés de la part de chacun.

Ce soir les élèves sont libres de faire des jeux et de profiter de leur dernière nuit à l’Ibis, pendant que Vincent et moi nous apprêtons à veiller une nouvelle fois pour traduire les copies de la deuxième journée d’épreuve.

Mercredi 21 Juillet : Début de la troisième mi-temps

La troisième mi-temps, cela peut renvoyer au troisième round d’un match endiablé, mais aussi au moment de détente après un match en deux tours. Ici, c’est un peu des deux. D’un côté, c’est le début des activités d’équipe pour les élèves, pour oublier un peu la compétition et se défouler. De l’autre, c’est le début des corrections pour Vincent et moi.

Ce matin, Vincent et moi nous trouvons revigorés par une bonne nuit de sommeil (une petite grasse matinée s’imposait, puisque les traductions nous avaient entraînés tard dans la nuit). Les élèves en revanche, ont profité de pouvoir enfin veiller tard pour…bah veiller tard. Le réveil est donc plus douloureux, mais tout le monde prend quand même son petit-déjeuner. Justin attaque avec motivation sa pile de crêpes (saurez-vous deviner l’ingrédient mystère se cachant entre les différents étages de crêpes ? Un indice, penser à quelque chose que vous ne mettriez pas dans une pile de crêpes).

Pour votre santé, mangez au moins 5 fruits et légumes par jour

Mano engloutit ses 7 croissants avant même que je puisse m’installer pour les prendre en photo. Et le reste de l’équipe prend un repas plus raisonnable. Le temps que tout le monde finisse de préparer ses valises, et nous sommes prêts à partir vers l’hôtel des Arènes.

L’après-midi, l’équipe se divise en deux. Les élèves, rejoints par Elie, Rémi et Théo, s’en vont jouer au foot toute l’après-midi. Certains y font d’ailleurs preuve d’un certain talent.

Le jeu n’est pas dénué d’une certaine esthétique
Grosse contre-attaque en perspective

Pendant ce temps, Vincent et moi nous plongeons dans les copies des élèves pour déterminer les points qu’ils doivent recevoir pour leur production, et nous sommes prêts à scruter les moindres recoins de brouillon pour espérer y trouver des idées intelligentes.

Heureusement, les commentaires de Justin dans ses copies nous divertissent, car ils sont le véritable reflet de sa réflexion et permettent de découvrir pas à pas la progression de ses idées, grâce à un monologue passionnant, donc je vous livre quelques extraits :

J’affectionne particulièrement l’expression « coup dur »
J’avoue
m’a provoqué un fou rire de 2 minutes

Théo et Rémi reviennent à l’hôtel avec les élèves, à peine fatigués par leur après-midi et Vincent et moi, lessivés par la nôtre, décidons de prendre une pause pour improviser quelques parties de jeux de société. Un groupe tente un Code names (je délègue à Théo la charge de prendre dans son équipe Mano et Justin, revendiquant désormais leur titre de « duo chaotique »), tandis qu’Aurélien et moi faisons découvrir à Solal un autre jeu, le Bohnanza, où Solal et moi découvrons (ou redécouvrons) à quel point Aurélien est dur en affaires, voire même sans pitié.

La journée se termine et s’éternise au restaurant, où les enfants se mettent à un côté de la table pour discuter géométrie, pendant que les adultes font des blagues.

Mais la soirée n’est pas encore finie pour Vincent et moi, il est déjà l’heure de retourner corriger.

Jeudi 22 Juillet : Prolongations

Ce matin, avant même d’aller petit-déjeuner, Vincent est déjà sur le pied de guerre et continue de lire les copies.
Impossible pour Justin de répliquer sa tour de crêpes (et de l’ingrédient mystère) ou pour Mano de manger trop de croissants. Cela ne les empêche pas d’engloutir un petit-déjeuner plus que satisfaisant.

Vincent et Vladimir en profitent pour nous proposer un assortiment de t-shirts de stages

Les élèves sont ensuite emmenés au bowling par Rémi et Théo, qui a parfaitement su capturer l’esthétique et la technique de chaque joueur.

La technique de Solal
La précision d’Aurélien

Vincent et moi terminons de corriger les copies et de proposer des notes pour les élèves aux différents problèmes. La fatigue et l’excitation d’avoir bientôt terminé rendent les dernières copies beaucoup plus drôles, et nous ne réprimons pas quelques fous rires. Nous commençons à avoir une idée assez précise des scores des élèves et de l’équipe…

Pour le déjeuner, quelques pâtes à emporter que l’on mange dans les gradins des Arènes de Lutèce, en admirant l’excellent niveau des amateurs de pétanque venus jouer quelques parties sous un soleil assommant.

Justin et Mano ont évidemment pris la plus grande quantité de pâtes possible. Vont-ils arriver au bout ?

L’après-midi commencent les choses sérieuses puisque, rejoints par Théo et Elie, nous nous dirigeons vers le Laser Game. La question des équipes « est vite répondue », les élèves veulent défier les encadrants et en découdre. Submergés par la supériorité numérique de nos adversaires (c’est la seule explication possible), nous nous faisons écraser. Mention spéciale au duo Mano/Justin et leurs attaques simultanées. Les deux parties ne donnent pas les mêmes résultats individuels, et tout le monde a eu l’occasion de briller au classement général.

Je décide alors d’emmener tout le monde dans une crêperie pour finir la journée, suggestion accueillie avec enthousiasme par l’équipe. Mano, qui avait particulièrement bien compris le concept d’une crêperie, décide de commander une omelette et un brownie. Tous les autres font une commande digne de ce nom. D’ailleurs, le brownie finit par faire défaut à Mano qui demande un peu d’aide pour le terminer, mettant fin à sa réputation de morfale si durement acquise.

C’est comme si Théo savait déjà que Mano n’allait pas prendre de crêpes
Voilà qui met tout le monde d’accord (le t-shirt et la crêpe)

Le soir, Vincent et moi organisons des entretiens individuels avec chaque membre de l’équipe. L’objectif est pour nous d’avoir un échange informel et franc avec chaque élève pour avoir leurs ressentis sur la compétition et sur notre préparation pendant l’année et pour donner quelques conseils pour la suite de leurs études ou pour les prochaines olympiades éventuelles.

Après ça, on réessaye une partie de Not Alone, qui s’avère de plus en plus difficile au fur et à mesure que l’on avance dans la nuit. La fatigue ne se manifeste pas de la même façon chez tout le monde, puisque Justin (incarnant la créature dans le jeu) prend de plus en plus de temps à décider ses mouvements et Vladimir comprend de moins en moins le fonctionnement du jeu, à tel point que le reste de l’équipe se demande s’il ne s’agit pas d’un espion de la créature. Par trois fois ses quelques erreurs provoquent l’hilarité du groupe, mais cela ne nous empêche pas de gagner la partie contre Justin.

C’est pas évident là comme ça, mais croyez-moi on gagne

Demain, c’est le grand jour tant attendu des résultats de l’équipe et surtout des barres de médailles. En attendant, il est temps d’aller dormir.

Vendredi 23 Juillet : Les résultats !

Difficile de penser à autre chose que les résultats qui approchent à grands pas.
Après un petit-déjeuner (très) tardif, nous nous retrouvons tous les sept autour d’un not alone. La fatigue, les courbatures du laser game de la veille et l’impatience se font sentir chez tout le monde. Cela ne réussit pas du tout à Vladimir qui enchaîne les mauvais choix à not alone et permet à Vincent, à qui l’on souhaite un très bon anniversaire, de remporter la partie.

A 13h30, Vincent et moi remontons à la chambre pour suivre la réunion finale du jury, pendant laquelle nous allons apprendre le classement des élèves, le classement de la France par équipe, et les barres de médailles.

Le suspense prend fin et les résultats de la France sont les suivants :

NomP1P2P3P4P5P6TotalRécompense
Solal AFOTA70070014Médaille de bronze
Justin CAHUZAC40077018Médaille de bronze
Mano ÉTILÉ-ZÉPHORIS4001005
Aurélien FOURRÉ47077732Médaille d'or
Vladimir IVANOV71070015Médaille de bronze
Alec LE HELLOCO70077021Médaille d'argent
Total33803621710527ème / 107

La France termine 27ème sur 108 pays participants, avec une médaille d’or, une médaille d’argent et trois médailles de bronze.
Félicitations à tous nos élèves, qui ont chacun contribué à cette performance et qui, par leur travail et leur détermination, ont porté haut les couleurs de la France et sont allés au bout d’une magnifique aventure individuelle et collective en représentant leur pays à la plus prestigieuse des Olympiades de Mathématiques.
Mention spéciale à Aurélien Fourré, le seul élève français de l’histoire à avoir remporté 3 médailles dont 2 médailles d’or et qui termine 15ème sur 619 participants à l’Olympiade Internationale !

Nous tenons également à féliciter les autres membres de notre préparation participant sous les couleurs d’autres pays : un grand bravo à Emilhan (Belgique) pour sa médaille de bronze et à Sasha (Luxembourg) et Mohammed Ayoub (Maroc) pour leur mention honorable.

Nous nous empressons de retrouver les élèves pour célébrer ces résultats en leur compagnie. Le temps passe et il est déjà l’heure de s’en aller à l’escape game prévu pour l’après-midi, accompagnés de Théo. Le thème : une intelligence artificielle échappe au contrôle de son créateur et menace de prendre possession des satellites, des caméras et d’internet. Nous nous répartissons alors en deux équipes de quatre. Je ne résiste pas au plaisir de reformer une équipe avec le duo qui aura marqué cette semaine, Justin/Mano, tout en m’assurant un soutien avec Théo. Vincent, Aurélien, Solal et Vladimir forment le second duo.
Les deux équipes terminent séparément la salle avant le temps imparti et pratiquement en même temps, ce dont nous nous réjouissons.

Naturellement, on a mangé des pizzas

Un rapide passage à l’hôtel, et nous voilà en route vers l’appartement de Mano, pour y passer la soirée et marquer le coup après cette semaine vive en émotions. Nous y rencontrons Morgane, la compagne de Vincent, venue célébrer les résultats avec l’équipe, mais également un autre événement : c’est en effet aujourd’hui l’anniversaire de notre chef de délégation !

Naturellement, on a mangé des pizzas

Nous finissons la soirée avec un loup-garou, durant lequel les élèves se sabotent entre eux, et où l’on remarque que Vladimir n’est finalement pas meilleur stratège au loup-garou qu’au not alone.

Justin était un excellent narrateur

Nous disons enfin au revoir à Mano, que quelques élèves de l’équipe retrouveront au stage de Valbonne cet été.
Tous très fatigués par l’enchaînement des veillées et des nuits courtes, nous nous dirigeons à pas lents mais déterminés vers nos chambres respectives.

Samedi 24 Juillet : clôture de l’OIM

L’OIM se terminait aujourd’hui par la cérémonie de clôture à 14h. Pour patienter, Vincent nous improvise un karaoké et nous fait une démonstration de son immense talent de chanteur.
Puis, Aurélien nous apprend un nouveau jeu « le shérif de Nottingham », dans lequel les joueurs incarnent des marchands cherchant (ou pas) à faire passer de la contrebande. Je découvre alors que 1) je suis un mauvais bluffeur, 2) Solal possède un grand sang-froid et 3) Aurélien lit dans les pensées.

Vladimir piège tout le monde en ne faisant jamais passer de contrebande

La cérémonie dure plus d’une heure. Tournée à St-Pétersbourg, elle commence par un nouveau laser show mais avec une autre artiste que lors de la cérémonie d’ouverture, au grand soulagement de tous. Puis sont affichés les noms des médaillés de bronze et d’argent et seuls les médaillés d’or ont le privilège de voir apparaître leur tête. La cérémonie se termine par une vidéo de présentation du pays accueillant l’OIM pour l’édition 2022 (on espère qu’on pourra se rendre sur place cette fois-ci) : la Norvège. Rendez-vous là-bas !

Grenouille man est devenue Grenouille woman

C’est le moment pour les membres de l’équipe de se dire au revoir. Même si nous n’avons pas voyagé, chacun repartira plein de souvenirs uniques de cette édition. Que ce soit en tant que participants aux prochaines olympiades ou en tant qu’animatheurs pour former les prochaines générations, ce n’est pas la dernière fois que nous entendons parler de Solal, Justin, Mano, Aurélien, Vladimir et Alec.