Cette année, le stage d’été de la POFM réunit 90 élèves, du 13 août au 24 août, au Centre International de Valbonne. Ceux-ci seront encadrés tout au long du séjour par une troupe d’animatheurs jeunes et dynamiques.
Jour 1 – Jeudi 13 août : Arrivée au stage
Les stagiaires arrivent progressivement à Valbonne, malgré quelques retards et quelques valises égarées en chemin. Rien de très inquiétant donc : le stage commence exactement comme prévu, c’est-à-dire pas tout à fait comme prévu.
L’état des lieux ayant déjà été effectué (merci les frères Dürrüoglu), les élèves peuvent rapidement prendre possession de leurs chambres. Du moins en théorie, car un petit détail vient pimenter l’installation : tous les badges du troisième étage ont été démagnétisés. Après une nouvelle magnétisation, le problème semble réglé. Enfin… pour certains. Beaucoup de badges continuent en effet à refuser catégoriquement d’ouvrir les portes, malgré une quantité raisonnable — puis nettement moins raisonnable — de tentatives. La POFM propose donc dès le premier jour une initiation pratique aux probabilités : combien de fois faut-il passer son badge devant une porte avant d’accepter qu’il ne marchera pas davantage à la quatorzième tentative qu’à la première ?
Une fois les stagiaires plus ou moins installés — et les chambres plus ou moins accessibles — vient l’un des grands moments de cette première journée : les entretiens pour l’attribution des groupes.
Pour les organisateurs, il s’agit simplement de discuter quelques minutes avec chaque élève afin de déterminer le groupe qui lui conviendra le mieux. Pour les stagiaires, il s’agit manifestement d’une épreuve dont dépend la suite de leur existence. Certains entrent donc dans la salle avec l’air grave de candidats aux Hunger Games, prêts à défendre leur place dans l’arène à grands coups d’invariants et de chasse aux angles. Bonne nouvelle : tous en ressortent vivants. Moins bonne nouvelle : des cours de maths les attendent dès le lendemain.
Après cette éprouvante sélection vient enfin le repas, suivi de la traditionnelle conférence de présentation du stage, magistralement orchestrée par le magnifique Rémi. Les stagiaires découvrent alors le programme, les règles de vie et quelques informations essentielles à leur survie pendant les jours à venir. On ignore toujours si le fonctionnement des badges figurait au programme de la conférence.
La partie officielle de la journée terminée, place aux jeux. Les stagiaires profitent de la soirée pour faire connaissance, retrouver les habitués des stages précédents et commencer à établir les premières alliances stratégiques. À 23 heures, tout ce petit monde est envoyé au lit afin d’être frais et dispos pour le premier jour de cours.
Jour 2 – Vendredi 14 août : Coup d’envoi
Après une première nuit à Valbonne — et après avoir vérifié une dernière fois que les badges consentaient toujours à laisser leurs propriétaires entrer dans leur chambre — les stagiaires attaquent enfin ce pour quoi ils sont théoriquement venus : les mathématiques.
Le matin, chacun découvre donc son premier véritable cours du stage. Le groupe A commence avec des angles en compagnie d’Héloïse et Lilas, pendant que le groupe B révise le programme du groupe A avec Claire et Antoine. Pendant ce temps, Mathieu initie le groupe C aux polynômes, Kevin emmène le groupe D du côté des similitudes, et Aurélien propose au groupe E de commencer tranquillement la journée avec de la géométrie projective dynamique généralisée, parce qu’après tout, pourquoi voir les choses normalement quand on peut les voir bouger à l’infini ?






Après une pause déjeuner bien méritée, les cours reprennent l’après-midi. Hadriel propose au groupe A une introduction aux mathématiques — mieux vaut tard que jamais — tandis que Noam parle d’inégalités au groupe B. Le groupe C travaille sur la taille avec Anatole et Akin, le groupe D masterise les algorithmes avec Oscar, et le groupe E s’attaque aux fonctions arithmétiques avec Théo. Une après-midi parfaitement normale à Valbonne, donc.
À 17 heures arrive enfin le moment que beaucoup considèrent comme le véritable objectif pédagogique du stage : les activités, et surtout la piscine.
Malheureusement, drame national à Valbonne : la piscine est fermée jusqu’à lundi, apparemment à cause d’un problème de dosage du chlore. La nouvelle provoque immédiatement des mouvements de foule d’une ampleur rarement observée depuis l’annonce des groupes. Certains stagiaires auraient même envisagé de résoudre eux-mêmes le problème de concentration, avant de se rappeler qu’il s’agissait probablement de chimie, champ au delà de leur compétences de purs mathématiciens.
Il faut donc se rabattre sur le volley et le football, qui se déroulent heureusement sans incident majeur. Enfin, presque. Kevin réalise notamment un lob dont il nous racontera ensuite l’histoire environ trente-deux fois. Selon la version la plus récente des faits, le geste le placerait désormais quelque part dans la hiérarchie du football français entre Thierry Henry et Zinédine Zidane. Nous attendons encore les images de la VAR pour confirmer.

Après tous ces exploits sportifs vient l’heure du repas, puis celle de la conférence du soir. Mais avant de pouvoir commencer, un problème majeur survient : il manque un élève.
S’ensuivent quinze bonnes minutes de recherches, de recomptages, de vérifications et probablement quelques débuts d’enquête policière, avant qu’une hypothèse audacieuse ne finisse par émerger : l’élève recherché n’existe pas.
Il semblerait donc que les professeurs d’un stage olympique de mathématiques aient rencontré quelques difficultés à compter leurs propres stagiaires. On nous souffle même à l’oreillette que Théo éprouverait certaines difficultés avec le calcul de 3×7. Une information qui, si elle venait à être confirmée, pourrait remettre en cause plusieurs années de sélection olympique française.
Une fois le stagiaire imaginaire officiellement porté disparu, Théo peut enfin commencer sa conférence consacrée à la question « Qu’est-ce que la POFM ? ». Une conférence très instructive lorsqu’on l’entend pour la première fois, et qui permet également aux anciens de vérifier que leur mémoire fonctionne correctement, puisque Théo recycle consciencieusement le même texte depuis 2019. Une remarquable démarche écologique qui semble recevoir le soutien enthousiaste d’Emilhan.
Au dernier rang, certains stagiaires profitent d’ailleurs de cette stabilité du contenu pour se consacrer à une autre activité intellectuelle de haut niveau : une partie d’Among Us. Nous ne savons pas si Théo a remarqué quoi que ce soit. Ce qui est certain, c’est qu’après l’épisode de l’élève inexistant, personne n’était désormais très bien placé pour identifier un imposteur.
Simultanément, les animatheurs se réunissent autour de l’ordinateur de leur doyen Mathieu (qui dispose tout de même d’un ordinateur portable) afin de découvrir l’incroyable, non que dis-je, la très bonne vidéo de Tristan fraîchement postée sur Youtube.
La conférence du soir est également ponctuée par la très attendue remise des prix de la coupe Animath. C’est l’occasion, dans ce compte-rendu, de souligner une fois encore les excellentes performances des élèves et de féliciter tous les participants.




La conférence terminée, la soirée se poursuit comme la veille autour de quelques jeux, avant que chacun ne commence à rejoindre sa chambre.

Puis, enfin, tout le monde va dormir. Du moins jusqu’au prochain badge démagnétisé, stagiaire imaginaire ou mammifère quantique.

