Cette année à nouveau, l’équipe française s’envole vers les Balkans pour la 43e édition de la BMO. La compétition a lieu à Thessalonique en Grèce du 3 au 8 mai. L’équipe est composée de Hélie Bernard, Nils Desurmont, Hadrien Faucheu, Tristan Nguyen, Noah Studnia et Benjamin Zheng. Ils sont encadrés par Antoine Derimay (Leader) et Paul Averous (Deputy Leader, et votre narrateur pour ce périple). Le récit complet de la compétition se trouve plus bas !

Dimanche 3 mai : Bienvenue en Macédoine !
Notre récit commence comme souvent sur le quai du RER B de Châtelet-les-Halles – peu après l’aube – alors que dehors ruisselle une légère pluie sur les pavés de Paris. Tristan, arrivé en premier au point de rendez-vous, s’empresse de nous le faire savoir – désespéré de ne pas retrouver ses fidèles coéquipiers et ses leaders adorés. A mon arrivée quelques minutes plus tard, Hadrien et Antoine l’avaient déjà rejoint. Je suis rapidement suivi de Noah et d’Hélie, puis de Benjamin, qui arriva en même temps que le RER dans lequel nous nous sommes donc empressés de sauter. Après 40 minutes d’attente et de contemplation des affichages nous annonçant qu’il n’y aurait pas de RER B lors de notre retour vendredi prochain, nous arrivâmes tous les 7 à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, valise en main et prêts à embarquer vers notre destination.
Tous les 7 ? Les plus attentifs d’entre vous auront sans soute remarqué l’absence du dernier membre de notre compagnie. En effet, Nils nous attendait déjà patiemment à l’aéroport depuis un quart d’heure. Après une petite frayeur sur sa localisation exacte, nous l’avons rejoint devant le check-in des bagages. Notre compagnie étant enfin au complet, il est l’heure de tous vous les présenter !
De droite à gauche puis de haut en bas, on retrouve successivement :
- Tristan, dont la légende raconte qu’il aurait ramené une balle de Volley jusqu’en Grèce, avant de réaliser que les plafonds de la chambre d’hôtel étaient un peu bas pour faire des passes. Ne lui parlez pas de sa notoriété nouvellement acquise, elle risquerait de lui monter à la tête.
- Hadrien, notre compétiteur le plus expérimenté. Lui aussi adepte du ballon, il aurait ramené une balle de foot jusqu’à sa chambre. Il vous contera volontiers ses dernières vacances au Japon.
- Noah, notre mathématicien inarrêtable. S’il n’est pas en train de chercher une équation fonctionnelle, vous le trouverez sûrement en train de s’extasier sur les 50 dernières pages du Comte de Monte-Cristo.
- Nils, notre grimpeur en herbe. S’il n’est pas en train d’essayer de me soudoyer pour que je les emmène dans la salle d’escalade la plus proche (“seulement 10 euros la séance”, vous dira-t-il !), il est probablement en train de faire une sieste, bien enfoncé dans son siège dans l’avion.
- Hélie, notre joueur d’échecs : son sac et sa valise contenant chacun un jeu au cas où l’un des deux disparaisse, il vous proposera de jouer à n’importe quelle heure de la journée, dans sa chambre d’hôtel ou entre deux rangées d’un avion.
- Benjamin, notre force tranquille : il restera discret mais sera le premier arrivé au rendez-vous pour le dîner, et sera toujours heureux de partager un moment avec Noah.






Maintenant que vous les connaissez un peu mieux, nous pouvons reprendre le cours de notre histoire… Une fois les bagages enregistrés, direction la sécurité de l’aéroport : l’ultime épreuve nous séparant de notre départ. Confiants, nous nous sommes engagés vers le portique, nos sacs à dos déjà déposés sur le tapis du scanner. Une fois franchi avec succès, nous avons pu observer nos sacs rouler tranquillement, jusqu’à ce que trois d’entre nous nous fassions inspecter. Peu suprenant me direz-vous : nos gourdes n’étaient pas vides… Aussitôt l’inspection des sacs finie, nous nous sommes remis en chemin, et plus rien ne pouvait se mettre en travers de notre route vers Thessalonique !
Nous fûmes accueillis à la porte d’embarquement 66 par un délicat medley qu’un passager jouait sur le piano mis à disposition par l’aéroport. Pour faire passer l’interminable demi-heure nous séparant de l’embarquement et pendant que nous sommes allés acheter des sandwichs avec Antoine, Tristan et Hadrien – que l’ennui avait pris au dépourvu – ont tenté de se consoler avec une partie de FC2026 sur la console de l’aéroport, mais malheureusement seule une manette ne fonctionnait et Hadrien a du se contenter de regarder Tristan se divertir sans lui.

Ce fut finalement au tour de Tristan d’être frustré lorsque, quelques minutes plus tard commença l’embarquement de notre groupe, et qu’il dut abandonner sa partie en cours de route.
Enfin assis à nos places dans l’avion, et tandis que certains protestaient contre l’inclinaison abusive du siège de leur voisin de devant avant même le décollage, d’autres recevaient déjà des nouvelles de compétiteurs sur place rencontrés lors de compétitions précédentes. Chacun vaca ensuite à ses occupations : sieste pour certains, devoirs pour d’autres, ou encore échecs pour deux d’entre nous qui n’avaient pas pensé à se mettre sur le même rang. Une heure après le décollage, nous fûmes interrompus par le déjeuner qui commença par nous faire remettre en question notre décision d’acheter des pique-niques, jusqu’à l’arrivée du plateau, qui nous servit plutôt d’apéritif que de plat, pour nous ouvrir l’appétit avant notre vrai repas. Le reste du trajet se déroula sans accroc, et nous arrivâmes en Grèce Macédoine (me dit Antoine) sous un grand soleil et une vingtaine de degrés.



En arrivant, nous avons (plus ou moins) rapidement récupéré nos bagages, puis nous avons retrouvé un membre de l’équipe organisatrice qui nous a mené vers le taxi qui nous conduirait à l’hôtel. Le chauffeur arriva quelques temps après et offrit à Nils les clefs de son véhicule, que ce dernier accepta l’air décontenancé, avant que le chauffeur finisse par éclater de rire. Quelques déplacements du siège enfant plus tard, nous étions tous installés et ce fut l’occasion de découvrir les routes (et surtout la conduite) grecques – contrastant tout à fait avec la circulation parisienne vous dira Hélie – tandis que Tristan essayait désespérément d’écouter la musique que le conducteur passait à la radio, en vain.
Une fois déposés à l’hotel, nous fûmes très bien accueillis par les organisateurs de la BMO, et après avoir rencontré notre guide et une rapide photo de l’équipe, il était temps de faire nos adieux à Antoine, avec qui nous n’aurons plus le droit de parler jusqu’à la fin de la composition mardi. En effet, pendant que notre emploi du temps lisait “free time” trois fois, lui avait plutôt “jury meeting #1” puis “#2” et enfin “#3”, les joies du leader vous dirait-il !
Quelque peu fatigués par le voyage, nous nous sommes chacun posés dans notre chambre, avec un rendez-vous un peu plus tard pour discuter de la suite des activités. Cependant, ce rendez-vous fut précédé d’un petit message de Tristan, nous invitant à le rejoindre pour une partie de Catan avec le “joueur numéro 2 de Moldavie”. C’est dans la chambre du Moldave que l’équipe française passa la fin de son après-midi, après quoi nous nous sommes rendu au diner pour bien terminer cette première journée de la compétition.

Le repas fut marqué de plusieurs temps forts, tels que l’analyse de la composition de l’eau grecque, dont la conductivité et le pH sont indiqués sur la bouteille, mais aussi de discussions animées sur les différents usages d’un sac à dos, ou encore par des petites références au toutes récentes vacances d’Hadrien au pays du soleil levant.


C’est sur cette note que s’achèva le premier jour de la BMO 2026, Hadrien et Benjamin étant rentrés dans leurs chambres respectives très rapidement, exténués par leur journée de voyage, Noah toujours pendu aux mots d’Alexandre Dumas, Tristan et Hélie disputant une partie d’échecs, et Nils analysant le billard autrichien sur eurosport.
Lundi 4 mai : Livrés à nous mêmes

Cette deuxième journée de compétition commença peu après le lever du soleil sur la cocapitale grecque. Comme le suggère le titre de notre récit du jour, quasiment rien n’était prévu pour nous occuper, et sans guide pour nous faire visiter, nous avons décidé de prendre les choses en main afin de tenter de profiter un maximum de la ville et de ses sites culturels. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à 8h30 au petit déjeuner, languissant de voir arriver nos deux retardataires dont je tairai le nom, et avec seulement un semblant de plan pour la suite de notre matinée.
Le petit déjeuner était aussi l’occasion de découvrir les spécialités locales que nous proposait notre hôtel tels que les “croissants au chocolat” que plusieurs d’entre nous avaient en premier lieu pris pour des sausage rolls, mais aussi pour le reste de la troupe de lire leur propre épopée de la veille. Tristan tenta par ailleurs de démentir certaines accusations à son égard, sans succès.


Une fois rassasiés, nous remontâmes dans nos chambres le temps de nous préparer à sortir, puis nous rejoignâmes dans le hall de l’hôtel. Conscient des responsabilités importantes qui sont miennes en tant que narrateur de cette histoire épique, j’avais emporté mon appareil photo, ce qui a permis à Hélie de nous exposer sa théorie comme quoi le métier de photographe avait disparu… Une fois toute la compagnie réunie, nous nous mîmes en route vers le point le plus iconique de la ville, apparaissant même sur le logo de la BMO 2026, j’ai nommé la Tour Blanche ! Voulant au passage profiter des avantages géographiques octroyés par la ville, nous nous dirigeâmes directement vers la mer, tout ça pour nous retrouver à longer un mur de pierre sur plusieurs centaines de mètres. En effet, bien que la ville soit au bord de la mer, Thessalonique, et en particulier le quartier dans lequel nous sommes logés, est avant tout un grand port (il serait le 6e plus grand port de France, d’après une étude menée par l’équipe…).

Non découragés par ce léger contretemps, nous marchâmes jusqu’à atteindre le littoral, où nous attendaient non seulement des bateaux, mais aussi des poissons et surtout un invité inattendu : le Mont Olympe ! En continuant sur notre chemin, quelle ne fut pas notre déception lorsque nous aperçûmes notre objectif et que la tour était… couleur pierre. En creusant un peu, la Tour Blanche – une ancienne prison – aurait reçu cette dénomination lorsqu’un des prisonniers avait proposé de repeindre la tour en blanc en échange de sa libération – un échange rentable, selon vous ?



Une fois arrivés au pied de la tour, nous décidâmes de monter et de découvrir l’histoire du site culturel majeur de la ville, sous les explications éclairantes de notre historien du groupe Noah ! Profitant de la gratuité octroyée par notre nationalité européenne, nous nous engouffrâmes dans l’escalier pas très régulier de la tour, en faisant attention aux variations de hauteur sous le plafond. Nous explorâmes les petits recoins de ce monument, en observant par les canonières deux bateaux décorés dans le thème de Pirates des Caraïbes s’approcher de la tour.
L’innombrable quantité de recoins de la tour fit que, arrivés au sommet, il était déjà temps de rentrer, afin de ne pas rater le début de l’inoubliable cérémonie d’ouverture que je vous conterai ci-dessous. C’est au moment de repartir que les premières nouvelles de notre guide nous atteignirent, nous demandant d’être dans le hall de l’hôtel 20min plus tard… Autant vous dire que l’équipe que nous venions de croiser 10min plus tôt et qui se dirigeait vers la tour allait avoir du mal à être à l’heure.

Une fois rentrés à l’hôtel grâce à l’itinéraire impeccable de Nils, nous eûmes tout juste le temps de récuperer nos drapeaux français avant de nous diriger vers la salle dans laquelle la cérémonie allait avoir lieu. Après l’installation de toutes les équipes, ce fut au tour des leaders d’arriver et de s’asseoir, sans nous adresser un mot – la communication étant toujours interdite jusqu’au lendemain à 13h30.
Une succession de discours plus ou moins compréhensibles (et plus ou moins en grec d’ailleurs) plus tard, un groupe de danseurs entra dans la salle en tenue traditionnelle pour interpréter une danse tout aussi traditionnelle, bien qu’assez peu dynamique. Le système de sonorisation étant quelque peu défaillant, tout le monde ne put pas profiter de la musique qui accompagnait la danse, ce qui n’empêcha pas la troupe de ressortir sous un tonnerre d’applaudissements. Enfin, la cérémonie se termina par le défilé des délégations (sans leur chef, lui devant prendre les photos, désolé Antoine), suivi du départ des leaders et d’une photo de groupe avec tous les participants.



Après un déjeuner saccadé durant lequel les différents aliments du buffet arrivaient au compte goutte, nous commençâmes à réfléchir à notre après midi. Une grande partie de l’équipe aurait voulu trouver une plage pour se poser mais malgré nos tentatives d’exploration de la région sur le plan satellite de Google Maps, nous terminâmes bredouilles. Résolus à ne pas gâcher une occasion de continuer à explorer la région, nous décidâmes de déambuler dans la ville en passant par certains points clefs tels que l’agora romaine ou encore la tour Trigonion.

Au bout de 45 minutes de marche, nous atteignîmes enfin le rempart de la tour Trigonion, qui avait servi à repousser l’envahisseur au XVe siècle. Bien que le rempart en lui même fut assez décevant, la vue surplombant la ville, elle, récompensa bien l’effort fourni. Nous fîmes également la rencontre d’un grand nombre de chats, nous permettant enfin de nous rendre compte de pourquoi la Grèce est parfois surnommée le “paradis des chats” ! Nils, Noah, Hélie, Benjamin et moi décidîmes également de visiter la fameuse tour, dont la visite fut marquée par des explications dignes d’un problème d’olympiades (ne parlez pas à Benjamin du plan ΑΒΓΔ ni des droites le définissant)


Le lecteur attentif aura sans doute remarqué l’absence dans ce récit de Tristan et Hadrien, restés sagement à l’hotel pour se reposer après le déjeuner et qui en notre absence ont exploré l’hotel, découvrant que la piscine était ouverte mais sociabilisant également avec les moldaves, échangeant parties de Clash Royale et d’échecs contre le dragon Moldave et ses coéquipiers. Le reste de l’équipe, dans la peur que la piscine ne soit refermée avant leur retour, se précipita (à une allure somme toute modérée) vers l’hotel. L’après-midi se termina donc par une baignade par une grande partie de l’équipe, dont la conclusion au dîner fut “l’eau était trop froide”.
La soirée suivit tranquillement son cours, le dîner laissant place au visionnage de la finale des championnats du monde de billard, dans laquelle Nils a réussi à embarquer toute l’équipe, tandis que je traitais les photos du jour dans un coin. A l’heure où j’écris ces dernières lignes, Wu Yize vient tout juste de décrocher le titre, détronant ainsi Shaun Murphy 18 à 17.
Mardi 5 mai : Attendre et espérer
Le réveil sonna le jour de la compétition. Suite à un petit-déjeuner assez silencieux (et une relecture de dernière minute de leur poly de géométrie préféré pour certains), l’équipe – un peu stressée par le grand jour – remonta en chambre pour terminer de se préparer pour l’épreuve qui les attendait. Consciencieux et fidèles aux instructions que notre guide leur avait envoyées la veille, toute l’équipe se réunit dans le hall devant les salles de composition à 8h40, 20 minutes avant le début officiel de la compétition : pile le temps de s’installer tranquillement et de prendre ses aises.


C’était sans compter sur le léger retard que l’organisation avait pris dans l’installation de la salle… 5 minutes avant le début de l’épreuve, les équipes commencèrent à s’impatienter. Les minutes s’écoulèrent doucement, l’heure passa, puis 5 minutes de plus, 10, 15… Une demi-heure après le début officiel de la composition, personne n’avait mis le pied dans la salle : la demi-journée d’épreuve allait durer un peu plus longtemps que prévu. A 9h35, les élèves commencèrent enfin à entrer, et l’épreuve démarra 10 minutes plus tard. Nos compétiteurs ne ressortiraient que 4h30 plus tard, à 14h15.


Ce fut enfin le moment pour moi de rejoindre Antoine, séquestré selon ses dires dans le sous-sol de son hôtel depuis son arrivée. L’avenue entre nos hôtels était marquée par un nombre tout à fait surprenant de boutiques de matériel militaire, que les propriétaires semblaient bien décidés à tenter de me vendre. Une fois extirpé de leur emprise et arrivé à l’hôtel, je pus m’installer dans la salle de réunion du jury, qui était effectivement au sous sol du “pire hôtel 4 étoiles que j’aie jamais vu” selon l’observateur anglais à côté de nous.
S’enchainèrent rapidement les réponses aux questions des participants pendant lesquelles je découvris comme les élèves les problèmes du jour, puis les discussions (un peu enflammées) et le vote du barème, qui se conclurent peu avant la fin de l’épreuve. Antoine et moi rentrâmes à l’hôtel des participants pour les attendre à la sortie de la salle. A l’ouverture des portes, sentiments mitigés : un problème 1 trop dur, un problème 4 mal positionné ? Le sujet a surpris les concurrents, à voir maintenant ce que nous allions en tirer.
Après un déjeuner réunissant enfin toute l’équipe pour la première fois depuis notre arrivée en Grèce, il fut de nouveau temps pour Antoine et moi de nous séparer de nos compétiteurs pour aller attendre les copies à l’hôtel des leaders. Les photos suivantes, prises à 3 heures d’écart résument plutôt bien notre après midi :


Ce nouveau temps d’attente fut l’occasion pour le reste de l’équipe de retrouver l’équipe d’Algérie, avec laquelle ils purent partager des parties de volley et de basket sur un terrain en ville. Heureusement que Tristan avait amené sa balle finalement ! Un rapide crochet par les boutiques plus tard — le temps d’acheter un maillot à Hadrien pour la piscine — et nos six français décidèrent de “rejoindre Paul, dépité car il n’a toujours pas les copies”, dixit Nils, ce qui était je pense une bonne description de la réalité.

Pendant qu’un petit groupe de l’équipe s’amusait à toquer à des portes de l’hôtel au hasard dans l’espoir de rencontrer d’autres délégations sympathiques, l’heure fatidique (repoussée 3 fois) de l’arrivée des copies approchait. Les élèves rencontrèrent un groupe de grecs séjournant également dans l’hôtel, avec qui ils partagèrent quelques tours sur la machine à coups de poing mise à disposition.
Peu avant 20h, Antoine arriva enfin à notre hôtel, avec les copies dans son sac ! Le temps d’un dîner d’équipe, il était l’heure pour nous de nous mettre au travail. Installés dans le hall de l’hôtel, les copies défilèrent dans nos mains. Le petit jeu de la soirée a consisté à essayer de déchiffrer l’écriture de certains et remettre des idées dans le bon ordre. L’exemple le plus flagrant a probablement été lorsque j’ai demandé à Antoine de deviner le chiffre que je lui indiquais, qu’il savait que ce dernier était entre 1 et 5, et qu’il lui a fallu 5 essais pour trouver le bon : que de bons présages pour la coordination du lendemain me diriez vous…

Pendant ce temps, et tandis qu’Hadrien était réquisitionné pour expliquer la définition de ses points à Antoine, le reste de l’équipe profitait de la rediffusion de la finale de billard de la veille – ça aurait été dommage de ne pas voir la défaite du champion du monde en titre après s’être déjà tant investi ! Leur soirée se termina en visionnant Indiana Jones, tandis que nous nous débattions tant bien que mal avec le reste des copies.
Mercredi 6 mai : Excursion, Coordination, Médailles ?
Encore une nuit bien trop courte plus tard, le réveil sonna à nouveau pour marquer le début de la journée de coordinations. Tandis qu’avec Antoine nous avions rendez-vous à 8h50 pour un débrief pré-coordination, les élèves eux avaient rendez-vous avec notre guide (mais si, celle qui tenait le drapeau sur la photo de la cérémonie d’ouverture) pour une visite de la ville. Arrivé pile à l’heure pour notre petite réunion, je réalise que j’ai oublié les copies des élèves dans ma chambre située dans l’autre hôtel – m’accordant ainsi la joie d’un petit sprint footing dans les rues de Thessalonique, pendant qu’Antoine se préparait psychologiquement à commencer seul la coordination. 10 minutes plus tard exactement, j’étais de retour avec les copies, et on a pu entamer la coordination dans les temps !
Pendant ce temps, l’équipe avait la joie d’attendre le départ de leur excursion vers le premier monument de la journée : la station de métro. Pas si intéressant me diriez-vous – pourtant la station contenait en réalité des ruines romaines que nos compétiteurs ont malheureusement oublié de photographier. Par la suite, ils continuèrent leur balade jusqu’au port, où ils eurent la joie de monter sur un navire de guerre grec (un choix d’excursion assez intéressant, en cohérence avec les boutiques militaires peut-être). Enfin, ils purent atteindre la statue d’Alexandre le Grand non loin de la Tour Blanche et que nous n’avions pas pu voir le premier jour par manque de temps. Le roi serait né à Pella, à 40km de Thessalonique, qui se revendique donc globalement comme son lieu de naissance.


Du côté des coordinations, la matinée fut un peu moins chargée, mais aucun des deux problèmes sur lesquels nous étions passés n’avaient abouti à un accord. Sur le premier, les coordinateurs nous avaient proposé de revenir plus tard pour leur réexpliquer une solution assez mal structurée, et sur le deuxième, un plus gros problème vint se placer en travers de notre chemin. En effet, durant l’épreuve, les instructions données aux élèves n’étaient pas tout à fait claires, donc certains – comme d’habitude en compétition – s’étaient dit qu’ils pourraient rendre leurs brouillons pour nous montrer leurs pistes. Malheureusement, à la fin de l’épreuve, les surveillants ont indiqué qu’il ne fallait pas rendre les brouillons, alors que certains avaient exclusivement composé dessus lorsqu’ils n’avaient pas de solutino complète. Sagement, la plupart se sont exécutés, mais c’était sans compter sur Tristan qui a subtilement suggéré à Nils de rendre ses brouillons comme feuilles réponse sur un des problèmes.
Découvrant que les copies devant eux n’était pas rédigées sur les feuilles de solution officielles, les coordinateurs ont alors refusé de les lire et de les prendre en compte, ce qui a conduit à un débat un peu tendu avec le coordinateur en chef, se terminant malheureusment sur un refus de prendre en compte les brouillons. Une fois la matinée de coordinations terminée, je me décidai tout de même à retenter de négocier avec le coordinateur en chef, ce qui permit – au bout d’un petit quart d’heure de discussion et l’intervention du chef de la délégation grecque – de remonter au comité d’organisation qui accepta finalement la prise en compte des brouillons pour cet élève et sur ce problème exclusivement, en considérant qu’ils avaient peut-être été rédigés sur les feuilles de brouillon par erreur.
Satisfaits de ce résultat, nous rentrâmes à l’hôtel des élèves où ceux-ci nous attendaient, venant tout juste de rentrer d’une installation de street workout qu’ils avaient trouvé sur le chemin. Un rapide déjeuner plus tard, il fut temps pour nous de reprendre avec les coordinations de l’après-midi, qui se déroulèrent tranquillement bien qu’elles purent traîner par moment. Une fois ces dernières terminées, nous retournâmes à l’hôtel des participants pour rejoindre les élèves qui avaient en nous attendant pu profiter de la piscine pour de nouveau faire un volley avec les algériens.
Le débrief des copies des élèves fut plutôt rapide, et plus ou moins conforme à ce que les élèves attendaient. L’après-midi se termina et après avoir diné avec les élèves, je rejoignis Antoine pour la réunion du jury et le vote des barres des médailles. Les résultats obtenus étant alors les suivants :
| Nom | Problème 1 | Problème 2 | Problème 3 | Problème 4 | Total | Récompense |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Hélie Bernard | 2 | 10 | 0 | 10 | 22 | Médaille d’Argent |
| Nils Desurmont | 7 | 5 | 1 | 0 | 13 | Médaille de Bronze |
| Hadrien Faucheu | 8 | 5 | 8 | 0 | 21 | Médaille d’Argent |
| Tristan Nguyen | 10 | 0 | 1 | 10 | 21 | Médaille d’Argent |
| Noah Studnia | 2 | 0 | 5 | 0 | 7 | |
| Benjamin Zheng | 10 | 1 | 0 | 0 | 11 | Médaille de Bronze |
Les barres des médailles s’adaptant parfaitement aux résultats cette année (le bronze à 11 et l’argent à 21) l’équipe s’en sort avec 2 médailles de bronze et 3 médailles d’argent ! Une belle performance, d’autant que le sujet était assez étrange au niveau de la difficulté des exercices… En tout cas bravo à tous !
La soirée se termina devant le match PSG-Bayern en compagnie des serbes et du dragon moldave, rejoints peu de temps après par des chefs et des équipes diverses et variées dans le hall de l’hôtel.

Jeudi 7 mai : De retour à la Tour Blanche
Notre guide nous donna rendez-vous à 9h pour nous lancer dans l’excursion officielle de la compétition. En effet, la sortie que le reste de l’équipe avait faite la veille devait initialement être une visite au musée mais avait été changée à la dernière minute. Cette excursion prit la forme d’une visite de la ville en bus, passant apparemment par tous les points marquants de la cocaptale. Quelle ne fut pas notre surprise quand le trajet du bus retraça exactement notre tour dans la ville du lundi après-midi – une aubaine pour nos deux dormeurs, qui pourront ainsi dire qu’ils n’ont rien raté, me diriez-vous…

C’est ainsi que nous sommes retournés à la Tour Trigonion, profitant encore – cette fois accompagnés de l’équipe italienne – de notre nationalité européenne pour retourner voir la vue sur la ville, malheureusement légèrement détériorée par les nuages gris qui planaient au dessus de la mer.



A la différence de notre propre expédition, nous visitâmes une église dans laquelle nous avions hésité à entrer le premier jour et dans laquelle nous pûmes découvrir la crypte ainsi que des ruines romaines qui n’avaient revu le jour qu’après le grand incendie de 1917 qui avait détruit les 2/3 de la ville en moins de deux jours ! Toutes ces visites étaient agrémentées des explications éclairantes d’une guide, Athéna, comme “cette prison servait pour les prisonniers politiques et les gros criminels” ou encore notre instruction préférée : “be quick or be dead”, au moment de traverser la rue…
La matinée de visites se termina à la Tour Blanche, pour la troisième fois en quatre jours pour nos compétiteurs. S’ils ne vous racontent pas son histoire à leur retour, je ne sais plus quoi faire. Un petit tour par le street park plus tard, et nous decidâmes d’aller essayer des spécialités grecques : bougatsa et gyros, accompagnés par le dragon moldave qui avait rejoint l’excursion à pied tandis que le reste de sa délégation était restée à l’hôtel. Notre repas en main, nous rentrâmes nous ressourcer, et tandis qu’Antoine et moi nous reposions à tour de rôle, une partie de l’équipe en profita pour sympathiser avec la délégation serbe.


L’après midi se termina là dessus et laissa place à la soirée tant attendue : la cérémonie de cloture et de remise des prix. Une fois l’équipe changée, tout le monde descendit pour s’installer à notre table. Chaque pays avait en effet le droit à sa table circulaire blanche pour profiter des discours des différentes autorités présentes telles que le président de l’union des municipalités de macédoine grecque, ou encore le président du développement de la région – surement très éloquents malgré le manque manifeste d’une langue compréhensible pour la majeure partie de la salle. Suite à cela fut diffusée une vidéo récapitulative de la compétition (i.e. un diaporama des photos de la cérémonie d’ouverture sur l’excellente musique Lillies of the Valley) et de nouveau une vidéo de présentation de Thessalonique.

L’heure fut enfin à la remise des médailles, mais la particularité de l’année fut qu’ils appelèrent les lauréats sur scène… dans l’ordre décroissant du score. Ainsi, au lieu de se terminer avec les scores parfaits, ces derniers furent les premiers à monter sur scène, et l’auditoire se désinteressa peu à peu au fur et à mesure que les médailles étaient distribuées. N’allant pas se laisser abattre, nos français montèrent fièrement sur scène et récupérèrent leurs médailles.




Après un dîner typique grec composé d’une tartiflette végétarienne accompagnée de brocolis, une partie de l’équipe resta dans la salle, essayant désespérément de faire changer la musique, tandis que nous remontâmes dans nos chambres terminer tranquillement la soirée avec une partie de tarot.

Vendredi 8 mai : Retour à Paris
Ce dernier récit marquera la fin de notre histoire. Ne voulant pas gâcher cette dernière journée, nous nous réveillâmes de bonne heure afin de profiter de la dernière attraction que nous n’avions pas eu la chance de voir : le new waterfront. C’est ainsi que nous eûmes la chance de prendre de nouveau le métro thessalonicien (quasiment sur toute la ligne !) et nous balader une dernière fois au bord de la mer, profitant de la vue des porte-conteneurs et de l’eau trop sale pour se baigner d’après les guides.


La différence avec l’ancien waterfront n’étant pas flagrante, et contraints par le temps avant notre départ pour l’aéroport, nous décidâmes rapidement de rebrousser chemin, reprenant le metro dans l’autre sens et profitant du peu de temps qui nous restait pour passer par un bureau de poste afin d’envoyer quelques cartes postales.
Une fois de retour à l’hôtel, nous attendîmes nos lève-tards qui avaient préféré rester dormir plutôt que de venir avec nous et nous entamâmes notre périple retour vers Paris. Périple me diriez-vous ? En effet, arrivés peu après midi à l’aéroport de Thessalonique, nous prîmes connaissance d’un vol direct vers Orly peu après le départ de notre vol pour Athènes, qui, suivi de deux heures et demie d’attente devait nous permettre de prendre un deuxième vol vers Roissy Charles de Gaulle, de quoi arriver peu avant 21h et trouver une solution pour que chacun rentre chez soi sans RER B…
Tandis que le reste de l’équipe avait choisi de se rassasier de sandwichs de l’aéroport, Nils et moi profitions de notre dernière occasion d’acheter de la bougatsa feta-épinards pour notre déjeuner, puis nous nous rendîmes tous à l’embarquement pour attendre notre premier avion. Fidèles à la réputation que nous avions donné aux grecs au cours de notre voyage, l’embarquement et le décollage eurent lieu au moins un quart d’heure après l’heure annoncée, ce qui fut sans conséquence sur la suite du voyage. Le vol eut l’effet d’un somnifère pour une grande partie d’entre nous, qui voulions juste fermer les yeux une petite seconde initialement…

Sitôt atterris, nous nous installâmes devant la porte d’embarquement de notre deuxième vol, à 15 mètres de celle d’où nous arrivions, ce qui nous laissa deux heures pour jouer aux échecs, à un jeu sur son ordinateur, chercher des problèmes ou bien continuer de rédiger ce compte rendu. Le vol suivant eut lui aussi son quart d’heure réglementaire de retard, et nous embarquâmes tranquillement dans les derniers.
De retour à Paris, et en attendant les bagages, nous en profitâmes pour faire une dernière photo de groupe : celle de toute l’équipe avec les drapeaux et les médailles. Puis, après une petite minute de stress en se demandant si ma valise avait effectivement survécu à notre escale à Athènes, nous rejoignîmes toutes celles et ceux qui nous attendaient à la sortie.

C’est ainsi, cher lecteur, que s’acheva l’épopée de notre équipe sur les rives de la mer Égée. Le tumulte de la Grèce laisse désormais place à la grisaille de Paris, et aux aléas éternels du RER B. Entre amitiés scellées avec le dragon moldave, négociations diplomatiques pour un brouillon égaré et quelques visites de la Tour Blanche, Hélie, Nils, Hadrien, Tristan, Noah et Benjamin ramènent dans leurs valises cinq médailles et autant de souvenirs impérissables.

