Pour sa toute première édition, l’European Mathematical Olympiad (site officiel ) accueille la France parmi ses honorables participants. Cette compétition nouvellement naissante se déroule cette année à Vilnius en Lituanie ; au programme, un voyage d’une semaine pour deux jours d’épreuve. Faute de précédents, l’avenir est encore incertain quant à ce que ce que cette EMO nous réserve, mais nos présents cobayes nous aideront à y voir plus clair. Leurs noms : Mattéo Argentin, Malone Heim, Itza Hervé-Arrouays, Marin Renaudineau, Kyrill Rovinsky et Antoine Saez Dumas, accompagnés par Baptiste Serraille en tant que chef de délégation et Gaëtan Dautzenberg chef de délégation adjoint (c’est moi !).
Jeudi 23 avril : reformer le puzzle
Le premier objectif, et pas des moindres, est de réunir l’équipe et de l’emmener à bon port. Arrivant seul sur le quai du RER le matin (dur dur le réveil à 6h30), je me fais rapidement rejoindre par Itza, toujours ponctuel. D’autres en revanche le sont moins mais nous rejoignent peu après, à savoir Marin qui s’était posté à l’autre bout du quai et Baptiste notre chef de délégation qui n’a lui aucune excuse à se donner. L’équipe au complet, nous nous engouffrons dans le prochain RER direction Aéroport Charles de Gaulle.

Votre œil observateur et vos capacités de calcul vous auront sans doute fait remarquer que malgré mes dires, l’équipe était alors loin d’être au complet. Aurions-nous cruellement abandonné les retardataires pour partir à 4 à Vilnius ? Non, rassurez-vous : nous retrouvons bien vite Malone à l’aéroport, tandis que Mattéo et Antoine nous rejoindront à Varsovie en y arrivant en vol depuis Lyon pendant que nous y allons depuis Paris. De là, nous prendrons ensemble un vol jusqu’à Vilnius et Kyrill nous y rejoindra au terme son propre périple depuis Moscou (on dirait un mauvais problème de graphes).
De notre côté, aucun problème à l’aéroport si ce n’est qu’Itza peine beaucoup à se procurer une attestation de sortie du territoire dépourvue de coquilles, et qu’un encadrant anonyme (mais c’est pas moi) a laissé des lames de rasoir dans son sac au contrôle de sécurité.

Le vol s’est également déroulé sans encombre, même si j’ai compris que la communication au cours du voyage allait être compliquée quand j’ai entendu les élèves répondre “Yes” à “What would you like to drink?”.
Cet avion fut également le théâtre d’un combat acharné opposant Marin à Itza, qui a captivé l’attention de notre troupe et qui restera dans les annales (même si l’expérience d’un des deux joueurs s’est bien faite sentir).

À l’aéroport de Varsovie nous retrouvons comme prévu Antoine et Mattéo venus depuis Lyon avec leurs propres péripéties (ils auraient été témoins d’un homme essayant de faire passer une perceuse à la sécurité, persuadé qu’il s’agissait d’un arrosoir) et nous déjeunons des sandwichs dans un restaurant local appelé “Paul”.

Après un peu d’attente nous prenons successivement notre deuxième vol (bien plus court) pour rejoindre Vilnius tous en un seul morceau.
Nous y retrouvons Smiltė, notre guide qui nous accompagnera tout au long du séjour, qui nous montre la voie jusqu’au bus pour rejoindre notre hôtel. Elle ne manque pas de nous avertir du danger de confusion représenté par sa sœur jumelle, guide elle aussi, qui n’aurait de différent d’elle que le prénom.
Mais cette nouvelle rencontre laisse bien vite place à de déchirants adieux, car nous sommes peu après forcés de dire au revoir à Baptiste qui s’en va dans son propre hôtel découvrir et sélectionner les problèmes qui attendront nos joyeux lurons les jours d’épreuve. Nous ne le reverrons donc pas avant que ceux-ci ne soient achevés, et nous avons stricte interdiction de communiquer avec lui d’ici-là.

Ainsi notre équipe rejoint l’hôtel, découvre les spacieuses chambres et goodies mis à sa disposition, et s’apprête à aller manger. Pour ma part, je les laisse profiter de ce repos bien mérité après une longue journée de voyages, mais une dernière tâche m’attend avant de pouvoir moi-même en profiter : ramener Kyrill parmi nous, qui est en train d’arriver en bus depuis la Biélorussie (qu’il avait rejoint en avion depuis Moscou). Après un peu de recherches je finis par le retrouver à la gare routière et le ramener à bon port.

Ainsi au terme de ce long périple, l’équipe française est enfin au complet, prête à poursuivre ensemble la suite de l’aventure…

