L’EMO 2026 au jour le jour

Pour sa toute première édition, l’European Mathematical Olympiad (site officiel ) accueille la France parmi ses honorables participants. Cette compétition nouvellement naissante se déroule cette année à Vilnius en Lituanie ; au programme, un voyage d’une semaine pour deux jours d’épreuve. Faute de précédents, l’avenir est encore incertain quant à ce que ce que cette EMO nous réserve, mais nos présents cobayes nous aideront à y voir plus clair. Leurs noms : Mattéo Argentin, Malone Heim, Itza Hervé-Arrouays, Marin Renaudineau, Kyrill Rovinsky et Antoine Saez Dumas, accompagnés par Baptiste Serraille en tant que chef de délégation et Gaëtan Dautzenberg chef de délégation adjoint (c’est moi !).


Jeudi 23 avril : reformer le puzzle


Le premier objectif, et pas des moindres, est de réunir l’équipe et de l’emmener à bon port. Arrivant seul sur le quai du RER le matin (dur dur le réveil à 6h30), je me fais rapidement rejoindre par Itza, toujours ponctuel. D’autres en revanche le sont moins mais nous rejoignent peu après, à savoir Marin qui s’était posté à l’autre bout du quai et Baptiste notre chef de délégation qui n’a lui aucune excuse à se donner. L’équipe au complet, nous nous engouffrons dans le prochain RER direction Aéroport Charles de Gaulle.

Le début de l’aventure !


Votre œil observateur et vos capacités de calcul vous auront sans doute fait remarquer que malgré mes dires, l’équipe était alors loin d’être au complet. Aurions-nous cruellement abandonné les retardataires pour partir à 4 à Vilnius ? Non, rassurez-vous : nous retrouvons bien vite Malone à l’aéroport, tandis que Mattéo et Antoine nous rejoindront à Varsovie en y arrivant en vol depuis Lyon pendant que nous y allons depuis Paris. De là, nous prendrons ensemble un vol jusqu’à Vilnius et Kyrill nous y rejoindra au terme de son propre périple depuis Moscou (on dirait un mauvais problème de graphes).


De notre côté, aucun problème à l’aéroport si ce n’est qu’Itza peine beaucoup à se procurer une attestation de sortie du territoire dépourvue de coquilles, et qu’un encadrant anonyme (mais c’est pas moi) a laissé des lames de rasoir dans son sac au contrôle de sécurité.

Un nouveau membre s’ajoute à notre joyeuse troupe.


Le vol s’est également déroulé sans encombre, même si j’ai compris que la communication au cours du voyage allait être compliquée quand j’ai entendu les élèves répondre “Yes” à “What would you like to drink?”.
Cet avion fut également le théâtre d’un combat acharné opposant Marin à Itza, qui a captivé l’attention de notre troupe et qui restera dans les annales (même si l’expérience d’un des deux joueurs s’est bien faite sentir).

Le combat en question



À l’aéroport de Varsovie nous retrouvons comme prévu Antoine et Mattéo venus depuis Lyon avec leurs propres péripéties (ils auraient été témoins d’un homme essayant de faire passer une perceuse à la sécurité, persuadé qu’il s’agissait d’un arrosoir) et nous déjeunons des sandwichs dans un restaurant local appelé “Paul”.

Plus qu’un !


Après un peu d’attente nous prenons successivement notre deuxième vol (bien plus court) pour rejoindre Vilnius tous en un seul morceau.
Nous y retrouvons Smiltė, notre guide qui nous accompagnera tout au long du séjour, qui nous montre la voie jusqu’au bus pour rejoindre notre hôtel. Elle ne manque pas de nous avertir du danger de confusion représenté par sa sœur jumelle, guide elle aussi, qui n’aurait de différent d’elle que le prénom.

Mais cette nouvelle rencontre laisse bien vite place à de déchirants adieux, car nous sommes peu après forcés de dire au revoir à Baptiste qui s’en va dans son propre hôtel découvrir et sélectionner les problèmes qui attendront nos joyeux lurons les jours d’épreuve. Nous ne le reverrons donc pas avant que ceux-ci ne soient achevés, et nous avons stricte interdiction de communiquer avec lui d’ici-là.

Le soleil se couche sur Vilnius


Ainsi notre équipe rejoint l’hôtel, découvre les spacieuses chambres et goodies mis à sa disposition, et s’apprête à aller manger. Pour ma part, je les laisse profiter de ce repos bien mérité après une longue journée de voyages, mais une dernière tâche m’attend avant de pouvoir moi-même en profiter : ramener Kyrill parmi nous, qui est en train d’arriver en bus depuis la Biélorussie (qu’il avait rejoint en avion depuis Moscou). Après un peu de recherches je finis par le retrouver à la gare routière et le ramener à bon port.

Il faut sauver le soldat Kyrill !


Ainsi au terme de ce long périple, l’équipe française est enfin au complet, prête à poursuivre ensemble la suite de l’aventure…

Vendredi 24 avril : petit séjour en prison

La journée commence difficilement car après nous avoir dit la veille qu’on pouvait prendre le petit déjeuner de 7h à 9h30, notre guide nous prévient le matin à 6h que nos horaires sont en fait de 7h à 8h15. Marin et Kyrill (qui partagent une chambre) ainsi que Mattéo, Itza et Malone (qui en partagent une autre) se sont réveillés assez tôt pour prévoir le coup, mais moi et Antoine (qui partage sa chambre avec un participant étranger mais pas encore arrivé) nous réveillons dans l’effroi de la réalisation que notre heure était passée. Nous arrivons tout de même à nous glisser “clandestinement” au buffet de l’hôtel et mangeons à notre faim.

Le petit déjeuner bien healthy d’Antoine

Après un peu de temps passé à tenter de jouer à un jeu (mais surtout à essayer de comprendre les règles), notre guide nous appelle pour nous guider jusqu’au lieu de la cérémonie d’ouverture.

Mattéo réalise alors avec horreur qu’il lui reste 15 minutes pour profiter de la salle de sport de l’hôtel et a la brillante idée d’y aller quand même et de prendre sa douche après, ce qui fait poireauter toute l’équipe pendant 15 minutes (tout à fait, je name and shame).

Nous nous rendons ensuite à pied à la cérémonie, profitant sur le chemin des grandes rues de la capitale lituanienne et de certains monuments historiques, comme la célèbre cathédrale de Vilnius (ok pas si célèbre mais on fait avec ce qu’on a).

Smiltė nous fait découvrir une superstition locale : une rose des vents au sol qui fait exaucer les vœux si on se pose dessus et tourne trois fois sur soi-même. Les élèves s’y essaient, sans doute prêts à tout essayer pour obtenir les meilleurs résultats possibles.

Nous arrivons très vite sur le lieu de la cérémonie, qui après un peu d’attente débute enfin. Au programme : beaucoup de discours (des organisateurs, des sponsors, de la vice maire de Vilnius,…) qui se répétaient parfois un petit peu (toutes les 10 minutes à peu près on entendait “mathematics is an universal language” ou un équivalent), mais aussi une prestation musicale donnée par des chanteuses lituaniennes qui consistait en un mélange assez particulier mais impressionnant d’un style folklorique traditionnel à de l’éléctro, et puis surtout la présentation des pays à laquelle notre équipe française a pu afficher ses couleurs.

Pour finir, une photo de groupe où une cent-trentaine de participants était censée tenir sur la petite scène…

“Où est Charlie” version Mattéo Argentin
Et une dernière photo d’équipe pour la route

La cérémonie clôturée, nous revenons à l’hôtel pour le déjeuner, en passant par une supérette locale pour faire le plein de provisions en prévision de l’épreuve du lendemain.

Découverte de la supérette lituanienne

Le déjeuner est comme toujours très bon, mais les plus gourmands d’entre nous, ou devrais-je dire le plus gourmand (pour ne pas citer le nom de Mattéo), trouvent que ça ne faisait pas assez et en veulent plus. Voyant qu’Itza a réussi à négocier une assiette de riz supplémentaire, Mattéo tente sa chance en demandant du rab de nuggets à une serveuse, ce à quoi celle-ci répond, à son grand dam, “Sorry you only have one portion. If you want you can drink juice.”. Mattéo ne semble pas enchanté à l’idée de boire du jus pour faire passer sa faim ; heureusement pour lui, Smiltė qui trouve le plat trop épicé pour elle lui offre généreusement ses nuggets. Après le repas s’ensuit une petite séance de jeux, et puis l’équipe se prépare pour son excursion principale de la journée : la visite de la prison de Lukiškių.

Une petite marche nous emmène rapidement sur le site. Là-bas, nous rejoignons l’équipe d’Irlande pour une visite guidée de la prison.

Celle-ci a vu le jour en tant que prison russe en 1887 mais est restée en activité jusqu’à très récemment en 2019, évidemment toujours en s’adaptant aux besoins et à la politique de son temps. Depuis sa fermeture, elle a notamment servi de décor à la saison 4 de la série Stranger Things.

On y a visité de nombreuses zones, par exemple celle réservée aux plus grands criminels, condamnés à perpétuité, ou celle pour les détenus adolescents, en passant par la salle faite pour les rencontres entre les prisonniers et leurs familles extérieures, qui se faisaient au travers de petites cabines comme on en voit dans les films. Notre guide était très sympathique et accompagnait souvent la visite de traits humoristiques ou d’anecdotes plus ou moins horrifiantes. On a même rencontré le dernier détenu encore incarcéré là-bas…

Après cette immersion pénitentiaire, nous retournons à l’hôtel pour nous reposer et prendre le dîner.

Manger serait une perte de temps. Ou peut-être se nourrit-il de mathématiques ?

On souhaite une bonne nuit de sommeil à nos français car ils auront besoin d’énergie pour surmonter les quatre problèmes qui les attendent demain au premier jour d’épreuve de l’EMO…

Samedi 25 avril : les festivités commencent !

Le réveil d’aujourd’hui est bien matinal car la France fait partie du premier groupe de pays à petit-déjeuner et prendre le bus pour se rendre sur le lieu de la compétition (“ils sont racistes” disent les élèves), ce qui fait un petit-déj de 7h à 7h45 pour un départ à 8h. L’équipe tente tout de même de maximiser son temps de sommeil en se levant à 7h30 et se prépare en vitesse, histoire d’être le plus reposé possible pour l’épreuve qui les attend. Antoine cependant se fait saboter par son colocataire qui met un réveil à 6h30, tout ça pour l’éteindre après et rester dans son lit (pas cool :/).

On rejoint donc de justesse le bus en s’assurant bien n’avoir rien oublié (trousse, compas, pièce d’identité…) et squalala nous sommes partis, direction un lycée local qui servira de théâtre aux vigoureux combats de l’esprit que notre équipe devra mener face aux problèmes de l’EMO.

Le trajet fut très bref, ce qui nous fait une bien longue attente de plus d’une heure. L’équipe en profite pour s’amuser et déstresser avec le ballon de Mattéo, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention des autres équipes.

On discute un petit peu (j’apprend que j’ai une équipe de petits chenapans qui ont laissé hier soir quelque part dans l’hôtel un faux sujet de l’épreuve, concocté par leurs soins, afin d’embrouiller les autres participants), et on se rappelle les conseils que Baptiste nous a légué avant de nous quitter (le maître mot : on s’amuse avant tout).

Alors enfin la compétition peut commencer : je dis au revoir aux participants, que je ne reverrai que dans 4h30 au terme de leurs tribulations.

En avant toutes !

Leur adversaire aujourd’hui sera le sujet suivant ! Au programme quatre exercices triés par ordre de difficulté croissante : arithmétique combinatoire, géométrie, combinatoire et équation fonctionnelle arithmétique.

Bon courage, le P4 est un peu technique

Après un intense marathon intellectuel, le compte à rebours atteint finalement zéro : l’épreuve est terminée, nos élèves peuvent sortir et me font part de leurs impressions. Le bilan est plutôt positif : tous affirment avoir résolu le problème 1 et la plupart le problème 2 également. Les deux derniers exercices étaient très difficiles et ont causé plus de dégâts au sein de l’équipe.

Kyrill après l’épreuve

Enfin bon l’épreuve est terminée (pour aujourd’hui), ce qui est fait est fait et il est temps de se changer les idées ! Après un déjeuner bien mérité, l’équipe de choc de Mattéo, Antoine, Marin et Itza part défier au football l’équipe de Bulgarie. Pendant ce temps, Malone se fait de nouveaux amis d’Estonie avec lesquels il dispute une partie de Code Names en anglais et Kyrill retrouve ses connaissances russophones des autres équipes.

Malgré mes directives, les élèves n’ont pris aucune photo de leurs activités (honte à eux) donc vous n’aurez d’autre choix que de vous contenter de celle ci-dessous, prise par moi de loin au travers du grillage (vous savez qui blâmer si cela vous déplait).

Pour ma part, il me faut déjà entamer la correction des copies que l’on reçoit dans l’après-midi : en effet, demain sera un nouveau jour d’épreuve pour les élèves, mais aussi un jour de coordination pour moi et Baptiste qui auront pour importante tâche de vaillamment défendre chaque point que nos élèves pourraient obtenir.
Dans la soirée, une fois reçus les barèmes, je rejoins même Baptiste à son hôtel pour discuter de tout cela.

(Pour être fair il sortait d’une éprouvante journée 8h-20h de discussions de barèmes)

Pendant ce temps, les élèves de retour à l’hôtel jouent à des jeux, par exemple une partie de Bang pour laquelle je vous laisse avec la narration que m’en a faite Marin : “En gros on n’a rien fait de la game mais y’a une dynamite qui tournait autour, Mattéo avait des bierres à l’infini, mais y’a Antoine qui est sorti de nulle part il a one shot Mattéo” (oui oui je vous assure c’est bien un jeu de société).

Mais l’heure surtout est au repos car malgré la dure journée qu’ils viennent d’affronter, la moitié du chemin reste encore à parcourir avec une nouvelle épreuve qui les attend demain. Bonne nuit l’équipe !

Je ne sais pas ce que c’est mais j’ai trouvé ça sur le chemin du retour

Dimanche 26 avril : les jours se suivent…

…et se ressemblent, car tout comme hier, je retrouve Antoine en premier au petit-déjeuner (à nouveau saboté par son colocataire) et le reste de l’équipe arrive au compte-goutte avec Kyrill en dernier.

Mattéo, prêt à tout pour dormir 30 minutes de plus, a tenté de s’arranger avec notre guide pour que l’on puisse rejoindre le centre d’épreuve un peu plus tard en bus public au lieu de prendre le bus commun avec les autres équipes ; ce n’était malheureusement pas de son ressort et les négociations n’ont pas abouti.

Ainsi, comme hier, nous prenons le bus en direction du “Vilniaus Licėjus”. Mon voisin, le chef adjoint finlandais, m’y raconte le pari amusant qu’a fait son équipe avec l’équipe B d’Ukraine : l’équipe qui aura le moins de points entre les deux devra effectuer collectivement autant de pompes que dix fois la différence de points entre elles (j’ai inscrit mon équipe au même pari avec Ukraine A mais ils ne le savent pas encore hihi).

Dernière ligne droite !


Et comme hier, l’attente est longue. Cette fois pas de ballon, mais Mattéo se fait l’illusion de penser avoir une chance contre moi aux échecs : je m’empresse donc sans tarder de lui faire réaliser son erreur.

Itza a la même conviction, mais celle-ci est plus justifiée car profitant de ma négligence et de l’aide de Marin, il repère une faille dans une de mes tactiques, me prend une pièce et convertit brillamment la victoire.
Refusant d’en rester là-dessus, j’exige une revanche et sauve mon honneur avec une attaque dévastatrice qui finit en échec et mat. Nous nous promettons de faire la belle plus tard, mais pour l’instant l’heure est au repos des méninges.

Marin nous raconte un problème qu’il a inventé au cours d’un rêve

Alors enfin la dernière ligne droite de la compétition peut débuter. Je laisse les élèves plancher à nouveau et pour la dernière fois cette semaine sur quatre redoutables exercices.

Good luck, the P4 is a little bit technical

Pendant ce temps, moi et Baptiste nous occupons de la coordination des copies du jour 1, processus au cours duquel nous devons nous mettre d’accord avec les coordinateurs de chaque exercice sur le nombre de points que méritent nos élèves.

Au cours de l’épreuve, les élèves ont peut-être eu la chance d’apercevoir par la fenêtre une impressionnante tornade de neige qui s’est manifestée plusieurs fois à l’improviste près du Vilniaus Licėjus.

On ne voit pas que la neige bouge sur la photo… mais croyez-moi elle ne semblait pas tenir compte de la gravité

Une fois la tempête passée, le calme retombe et les élèves sortent de la salle ayant tous résolu le problème 5 mais avec plus de difficultés sur les suivants. Seul Kyrill a résolu le problème 7 et avancé sur le problème 8, tandis que beaucoup dans l’équipe passé du temps sur le problème 6.
Le déjeuner sert de cadre à d’émouvantes retrouvailles avec leur leader préféré, Baptiste, dont ils avaient presque oublié le visage.

Mais bref, cette fois-ci tout est bel et bien fini et il ne reste de la compétition plus que de beaux jours dénués de stress desquels il faut profiter un maximum.
Après le repas, l’équipe au complet se dirige vers l’excursion de l’après-midi : le MO Museum, un musée d’art moderne à Vilnius. Nous y assistons à une exposition sur la Gen Z, avec des oeuvres d’un style pour le moins particulier qui ne touche pas toujours les élèves en plein cœur. Ils n’osent donc pas trop exprimer le fond de leur pensée lorsque le guide de la visite leur demande leurs avis, mais Baptiste les pousse à parler (ce qui est à l’origine d’un tumultueux débat philosophique sur la raison de l’art contemporain).

Pour moi et Baptiste, la fête est de courte durée car nous ne tardons pas à recevoir les copies du jour 2 et sommes par conséquent appelés à notre devoir de correction.

Quand Baptiste commence enfin à corriger

Je laisse les élèves livrés à leur sort, je ne les reverrai que brièvement pour dîner mais ceux-ci savent s’occuper et profitent de leur soirée sans pression pour jouer à des jeux de société avec les autres équipes.

La compétition est terminée. Les dés sont jetés, mais quel sort réservent-t-il à nos français ? Suivez les prochains épisodes pour le découvrir…

Lundi 27 avril : du repos, enfin !

Pour ma part, aujourd’hui est une nouvelle journée de coordination (relativement aux exercices de la veille) ; cette dernière se fait cependant assez fluidement, ce qui nous permet à moi et Baptiste d’en avoir fini avant le repas et de déjeuner sereinement.

Les élèves ont alors leur propre activité de prévue, mais malheur ! je n’en ai pas été témoin et ne peut donc pas la narrer ! Qu’allons-nous donc bien pouvoir faire ?? Heureusement pour nous, voilà Antoine qui arrive en héros à notre rescousse ! J’avais prévu quelques menaces et chantages pour faire écrire le compte rendu à un élève, mais je n’en ai pas eu besoin grâce à lui qui s’empare généreusement de la plume.

Je vais vous laisser avec sa narration, mais avant cela un peu de contexte. Je vous ai parlé d’Antoine qui s’est fait saboter par son voisin de chambre, mais j’ai omis de mentionner les multiples autres sabotages qu’a subi l’équipe de France ces derniers jours (il faut croire qu’ils sont vraiment racistes…). Primo, les lattes du lit de Malone se sont cassées dès la première nuit, ce qui le force depuis à dormir par terre avec son matelas. Secundo, les rideaux de Marin et Kyrill ne couvrent pas entièrement la fenêtre, ce qui laisse passer la lumière du jour au lever du soleil… Heureusement, Marin s’est improvisé bricoleur et a pour parer à cela conçu un ingénieux système à l’aide d’une télévision et d’un cahier, qu’il améliore chaque jour.

Nous voilà fin prêts, je vous laisse avec votre nouveau conteur…

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L’activité organisée la matinée commençant à 11 heures, la plupart des élèves se lèvent plus tard pour récupérer des deux rudes jours de compétition ; mais deux d’entre nous (dont nous ne dévoilerons pas le nom (mais leurs prénoms si : Marin et Kyrill)) ont eu l’excellente idée de mettre un réveil à 10 heures, sachant que notre guide nous a indiqué (pour leur défense, pendant qu’ils étaient encore en train de dormir) que nous devions partir à 9h45… N’ayant pas été réveillés par la lumière du soleil grâce à l’ingénieux montage de Marin qui s’améliore de jour en jour, il a fallu leur téléphoner depuis la réception pour les réveiller en urgence (mais un des deux à quand même traîné les pieds). Nous prenons ensuite le bus et arrivons malgré tout en avance au 360 Arena, un trampoline park où nous resterons trois heures, durant lesquelles Mattéo et Itza choisissent de défier les arméniens au baby-foot ; ils se font battre à plates coutures, mais fort heureusement Marin et Malone sont là pour prendre une revanche et sauver les couleurs de notre pays, en les « écrabouillant de façon mémorable contre des adversaires invincibles (selon Mattéo) 10 à 5 » (selon Marin).

Nous déjeunons ensuite sur place, avant de sprinter attraper un bus qui nous emmène à un laser game où nos leaders bien-aimés nous rejoignent mettre une triple raclée à l’Irlande et l’Estonie, puis faisons une partie sans équipe où les français occupent le podium (l’entraînement de l’OFM a payé).

Nous rejoignons ensuite le (luxueux) hôtel des leaders pour recevoir le débrief de l’épreuve, avec nos copies et surtout nos scores, qui ne laissent personne trop déçu (enfin je crois).

Les élèves dans l’attente fatidique des résultats…

Nous rentrons ensuite dans notre hôtel pour dîner, avant que Gaëtan ne nous quitte à nouveau pour la réunion du jury où les barres pour les médailles seront décidées.

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Voilà, c’était la journée du point de vue d’Antoine et je me permets à présent de reprendre la main (je sais je sais, je vous avais manqué).

Pour célébrer mon retour, l’équipe de production du compte rendu de l’EMO (c’est moi…) vous propose un petit quiz !

Que se cache derrière cet escalator ?
a) Un autre escalator
b) Un toboggan
c) Théo en tutu en train de danser


Si vous devinez correctement, vous repartirez avec un exercice de combinatoire ! applaudissements

Attention, suspens…

Et c’était (malheureusement) un toboggan ! Félicitations aux gagnants, n’hésitez pas à réclamer votre exercice de combinatoire, et on se retrouve très bientôt pour de nouvelles aventures.

Mais parlons sérieusement. Comme l’a mentionné Antoine, Baptiste et moi avons assisté à la réunion finale du jury lors de laquelle furent discutées toutes sortes de choses, par exemple concernant le futur de la compétition, mais également des barres de médaille. Grâce à cela les scores ont pu être finalisés, officialisés, et sont même disponibles juste ici !

La France s’en sort plutôt bien à la 4ème place et avec deux médailles de bronze, trois médailles d’argent et une médaille d’or. Antoine obtient même la meilleure note de 4 de toute la compétition sur le P3 et Kyrill est le seul à remporter des points (2) sur le P8 !

Félicitations à nos participants !

Mardi 28 avril : un dernier jour de fun

Vous avez été nombreux à me réclamer votre exercice de combinatoire pour le quiz d’hier, aussi le voilà : “combien de Marins peut-on faire tenir dans un t-shirt XL de l’EMO ?”
Car oui, j’en profite pour signaler quelque chose que j’ai omis des jours précédents (vous n’imaginez pas le nombre d’anecdotes que j’oublie d’incorporer…) : la compétition nous a fourni à tous de très beaux t-shirts, qui ont le seul problème d’être massivement trop larges (est-ce que les lituaniens nous voient comme nous voyons les américains ?). Moi-même je nage dans mon t-shirt M, mais le pire est pour Mattéo qui s’est retrouvé avec un L au lieu du M qu’il avait demandé… notre guide a généreusement proposé de lui prêter des ciseaux pour le découper mais ça n’a jamais été fait.

Mais bref, passons au compte rendu d’aujourd’hui.
Tout comme hier, ma journée est bien différente de celle des élèves : pendant qu’eux ont au programme une chasse aux trésors dans les rues Vilnius, les chefs de délégations et leurs adjoints ainsi que l’équipe de coordinations sont conviés à un “brunch” sur un rooftop lituanien (bon, la vue laissait à désirer…) accompagnés de cocktails et champagne. Après ça, moi et Baptiste partons faire un peu de tourisme, ce dernier ayant pour l’instant passé tout son séjour à chercher des problèmes et vagabonder entre des hôtels.

Pour les élèves et leur guide, la chasse aux trésors consiste en un jeu d’énigmes et de recherche d’indices dans la ville. Je suis fort déçu de mon équipe, car nos élèves malgré leurs bons résultats à la compétition ne savent visiblement pas faire grand chose d’autre que des maths (et du laser game) et finissent 16e sur 19 équipes participantes.

Pour sauver leur honneur, une seule solution : performer à la deuxième activité de la journée, qui a lieu après le repas, l’Estimathon. C’est un évènement organisé par Jane Street (le sponsor attitré des compétitions de maths depuis quelques années) où le but est d’approximer le mieux possible certaines quantités, plus ou moins mathématiques, comme par exemple le nombre de fourmis sur Terre. Cette fois-ci l’équipe française se débrouille plutôt bien, en finissant 5e.

Mais l’évènement phare de la journée n’a lieu que juste après : la cérémonie de clotûre de la compétition, où seront notamment distribuées les médailles de nos participants.

Celle-ci commence, comme toujours, avec plusieurs discours pour féliciter le bon déroulement de la compétition et la réussite des participants. Vient ensuite une intervention amusante : un prestidigitateur vient nous faire des tours de magie. Le premier est bluffant : il commence par prendre le téléphone d’un membre du public puis lui demande de le dévérrouiller et de l’emmener sur l’application Calculatrice. C’est alors que le magicien prend la fuite, et on ne le revoit plus.
Ok j’avoue la dernière phrase j’ai inventé, en vrai il fait construire un nombre en demandant des opérations à tout le monde, et la fin ça fait la date et l’heure d’aujourd’hui.
Pour son deuxième tour, nous avons chacun à notre disposition un paquet de 4 cartes qu’il nous demande de sauvagement déchirer, puis nous montre un mignon processus pour retrouver deux morceaux de la même carte (mais rien ici que les mathématiques ne peuvent expliquer).

Vient alors enfin le moment tant attendu par tous : la cérémonie de remise des médailles.
Les participants montent un à un sur scène, par ordre de médaille (bronze puis argent puis or). On accueille donc sur scène successivement Malone et Marin, puis Itza, Antoine et Mattéo ARGENTin (haha), pour finir par Kyrill qui se bat avec les bulgares pour avoir son drapeau devant les leurs (ils s’y prennent à deux contre un), mais il est impuissant face au gigantesque drapeau ukrainien qui se place juste devant lui peu après.

La cérémonie se cloture avec un trophée remis aux grands gagnants de la compétition, l’équipe ayant collectivement remporté le plus de points : il s’agit de l’équipe A d’Ukraine, félicitations à eux !

Ça va en faire des pompes pour nos français !

Les festivités touchent à leur fin, mais pour finir en beauté tous les participants et leaders sont invités pour la soirée à un gros évènement organisé par….. (attention gros suspens) Jane Street. Au programme : buffet à volonté avec des hamburgers de toutes tailles et une multitude de desserts, don de goodies sans retenue, et beaucoup de jeux différents à disposition.

Nous y profitons avec Itza pour enfin disputer notre belle : nous faisons deux parties, la première se solde en nulle après une belle défense d’Itza, la deuxième est très chaotique et finit en échec et mat au roi d’Itza. Belle partie !

Le retour se fait en bus, mais ayant une partie à finir, moi et Itza ainsi que Malone et Marin arrivons en dernier aux bus et il n’y reste plus qu’une place… Évidemment Jane Street ne nous abandonne pas et, après avoir laissé Marin dans le bus, nous emmène les 3 restants en van privé jusqu’à l’hôtel (rien que ça).

La soirée se termine calmement, l’équipe joue encore à quelques jeux à l’hôtel, et puis le moment est venu de préparer sa valise pour le départ de demain et d’aller se coucher.

Nous ne mentionnerons pas non plus le score de Marin à ce jeu, malgré les handicaps que s’est imposé Itza.

Mercredi 29 avril : la fin de l’aventure

Cette journée de départ est un exact miroir de celle d’arrivée, dans le sens où nous perdons nos élèves dans l’ordre inverse de celui dans lequel on les a retrouvés au départ.

C’est donc à Kyrill que nous faisons nos adieux en premier, ayant un train à prendre le matin pour rentrer à Moscou.

Nos profitons de notre dernière occasion de nous goinfrer au buffet du petit déjeuner, puis nous vérifions bien n’avoir rien oublié et partons à pied avec notre guide dans les rues de Vilnius, où nous retrouvons Baptiste.

Les multitudes de souvenirs de la compétition ramenés par nos participants ne sont visiblement pas assez lituaniens à leur goût, car ils insistent pour visiter une boutique souvenirs avant le départ.

Les élèves repartent donc des babioles plein les poches : magnets, mugs, rats, …

Oui, j’ai bien dit “rats”

Cela fait, nous partons directement en direction de l’aéroport, histoire d’avoir le plus de marge possible.

Là-bas, nous patientons avec une partie d’une variante de UNO où les cartes peuvent se retourner, que notre guide remporte haut la main tandis que les leaders occupent les deux dernières places.

Un trouble-fête, cependant, ne se joint pas au jeu. Explication : Mattéo, dans son incompétence sans bornes, a verrouillé sa valise sans en connaître le code. Il passe donc la partie à essayer toutes les possibilités pour la rouvrir, et réalise après cela que la valise ne s’est malgré tout pas ouverte. Contrarié, il décide de repousser cette tâche à plus tard.

Je ne sais toujours pas si il a fini par y arriver…

Mais alors vient l’heure de commencer à enregistrer nos bagages et passer la sécurité, ce qui nous oblige à dire adieu à notre guide Smiltė, qui nous aura été d’une grande aide et bonne compagnie tout au long du voyage.

Ne me demandez pas pourquoi on a fait la photo ici, je l’ignore
Les divers objets ayant échoué à passer la sécurité de Vilnius au fil des âges…

Tout comme le premier jour, nous prenons un premier vol en direction de Varsovie. Après une partie de Bang dans le hall d’attente, nous y laissons Mattéo et Antoine avec leurs problèmes de retard de leur avion vers Lyon, et nous prenons notre propre vol en direction de Paris avec le reste de la troupe.

Durant le vol, Marin est d’humeur farceuse. En effet, il commence par me tendre innocemment son téléphone affichant un plateau d’échecs. Ne me doutant pas du piège, je commence à jouer avec lui, sans trop comprendre ses coups, et là… BOUM! Je réalise avec horreur que ce n’était pas une partie normale, mais une variante du jeu appelée Atomic, dans laquelle les captures engendrent des explosions. Je venais donc de me faire exploser la moitié de mes pièces, mes chances de contre-attaque semblaient maigres et nécessitaient probablement une bonne part d’aide de la part de mon adversaire…
Marin cependant, réussit cet exploit. Quelques coups plus tard, son roi était sur le point d’exploser. Question : que fit alors Marin ? Eh oui vous l’avez bien deviné, il annula la partie et dit innocemment “zut j’ai annulé la partie”… Honte à lui.

Les passionnantes activités de Baptiste dans l’avion

Arrivés à Paris, c’est au tour de Malone de nous quitter à l’aéroport, d’où il prendra son propre train pour rentrer chez lui.

Et un de moins !

Finalement, nous ne sommes plus que quatre pour le voyage retour en RER, tout comme le premier jour : moi, Baptiste, Marin et Itza. Nous conduisons Marin et Itza vers la gare Montparnasse où ils finiront en train vers Rennes leur grand voyage.


Mais alors, sur le chemin, un invité mystère se joint à nous…

Mais qui peut bien être ce mystérieux personnage ?

Vient alors le moment de se séparer de nos derniers élèves, que nous laissons prendre leur train après avoir rejoint la maman de Marin qui l’attendait à la gare.

Ainsi se termine notre séjour en Lituanie pour la toute première EMO 2026, qui fut rempli d’un peu de stress pour la compétition mais surtout de fun et de bons moments. Chacun de nous repart avec bien plus qu’une médaille : des souvenirs plein la tête (mais c’est déjà bien une médaille aussi).
Pour ma part, je dépasse mes prédécesseurs car je finis ce compte-rendu pas trop longtemps après la fin de la compétition (hein Rémi ?), et surtout je le finis, ce qui n’est pas toujours à prendre pour acquis (hein Théo ?).

À bientôt !